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L’étalon savoir.
Quand on voyait le genre de savoir qui circulait sur le Net, on pouvait sourire, mais c’était quand même ça leur jeu à eux :
faire circuler l’information de plus en plus loin, de plus en plus vite.
En d’autres temps, pour lester la puissance de l’abonné, on avait cherché une matière dense, lourde et rare, qui pourrait en être le gage au fond des coffres, et on avait trouver l’or.
Maintenant, l’argent était devenu invisible et volatile, et pour gager la nouvelle puissance, on avait chercher une matière invisible et volatile, et on avait trouver le savoir.
C’étaient des atomes de savoir qui traversaient nos écrans;
c’étaient des trous noirs de savoir où s’engouffraient les rêves de puissance de ce siècle qui n’en finissait pas.
Quelques fois l’écran se déchirait en grandes formes noires qui nous rappelaient d’autres formes :
celles où le siècle avait d’avance fait le brouillon de son suicide

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